Atelier/expo sur les contextes de séparations et de co-parentalité
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Mise en oeuvre de l'atelier/exposition/débat "Point(s) de vue"

Phase 1 : Rencontrer l'Autre. En face, tout proche, un écran et des visages qui vous regardent... Ils prennent parole et vous invitent dans leur histoire. Accueillie, leur réalité devient peu à peu la vôtre. Les minutes passent... Et alors qu'une voix s’estompe vous voilà invité à une nouvelle rencontre. Il vous faut changer de place... vous décaler... irrémédiablement...
Dans un premier temps le visiteur est invité à rencontrer ces individus dont les histoires se télescopent, se mélangent et se différencient. Il écoute leur récit, se laisse saisir par leur émotion, entr'aperçoit les besoins de chacun...

Phase 2 : Les "Contextes post-séparation". L’exposition/atelier "Point(s) de vue" se juxtapose à la thématique de travail « couple séparé et parents ensemble ». L’exploration de ces situations "post-séparations" recense 12 contextes ayant la particularité de "mettre à l’épreuve" une co-parentalité positive : précarité matérielle et santé, séparer le commun, manque de co-parentalité, l'enfant perd sa place d'enfant, distance et déménagement, quasi-frères et quasi-soeurs, absence d'organisation, contextes négatifs, l'adolescence, le deuil du couple, beau-père et belle-mère, trop de "justice".

Au travail...

Les thématique élaborées ci-dessous décrivent des situations auxquelles
peuvent être confrontés les « couple séparé - parents ensemble ».

- Séparer le "commun"

Une séparation n’est pas seulement affective et physique elle est également factuelle. Ainsi il va être nécessaire de vendre une maison, une voiture, de solder un crédit conjoint etc... Est-ce que cela a le même sens pour chacun d’eux ? Est il possible d’y arriver sans se parler ?
Exemple : « la maison est en vente depuis 6 mois et nous n‘avons eu aucune offre. Mon père nous a prêter de l’argent et souhaite le récupérer. C’était la maison de NOTRE famille » 

- Le deuil du couple

Pour certaines personnes des années après la rupture ce deuil n'a pas pu se faire. Un des deux ex-partenaire reste alors dans l’attente, le déni, l’espérance, le regret, la quête de sens ou la demande d’explication. Tandis que son "miroir" s'inscrit souvent dans la culpabilité, l'indifférence ou la vindicte. Une rupture peut être vécue comme le deuil d’une personne « vivante ». 
Exemple : Je pense à elle tout le temps... je ne peux imaginer ma vie sans elle. Je veux juste qu’elle revienne.

- « Trop de justice »

Lors d'une séparation les ex-conjoints peuvent externaliser leurs besoins de solutions face à un contexte insécurisant.
Le jugement devenu alors symboliquement « l’unique référent » peut montrer rapidement ses limites face aux aléas du quotidien et à l’absence de dialogue.
Autre cas de figure possible celui ou le jugement a « blessé » profondément les personnes. Les attestations, les mises en cause ont créés de la souffrance et la confiance a disparu.
Exemple : « il m’a appelé pour dire qu’il ne pouvait pas venir chercher Paul ce WE. Dois-je faire une main courante pour être couverte ? » ou encore "Je ne lui pardonnerai jamais de m'avoir mise en cause en tant que parent. J'avais demandé à mon avocate de ne pas franchir cette limite. Lui non"

- Beau-père – Belle-mère

La recomposition de nouvelles familles n’est pas sans solliciter les ressentis et les besoins personnels.
Qu’il soit investit d’une manière positive ou négative le Beau-parent met à l’épreuve la famille séparée et chacun de ses participants, sa place autant que son rôle étant perçus de manière différente voire opposée.
Exemple : t’es pas mon père... tu n’as rien à dire sur la manière dont je m’habille. Ou « Maman tu sais Florence elle me permet de regarder la télé dans ma chambre » ou encore "quelle est la place de cet homme qui vit avec mon fils ?"

- L’adolescent(e)

"Agréable cauchemar" des familles, l’ado fils (ou fille) de « parents séparés qui s’affrontent ou se taisent » est, à son insu, un véritable militant du dialogue parental. Qu’il passe sa vie sur son écran, qu’il ne foute rien à l’école ou qu’il soit sans envie et sans projet l’ado « pose problème » et invite ainsi ses parents à se parler... à revister leur place de parent ou à se déchirer.
Exemple : « je n’y irais pas parce que chez lui je m’ennuie... et c’est pas toi qui va me forcer. De toute façon je fais ce que je veux »

- Des contextes "négatifs"

Ils sont en lien avec le vécu des individus. En étant négatifs ces contextes sont susceptibles d’augmenter la souffrance, de créer des alliances néfastes, de créer un lien désespérant.
Exemple : Séparation conjugale mais maintient d’une vie professionnelle conjointe. « Oui mon ex-épouse est toujours mon assistante mais ça ne me pose pas de problème ». 

- Le manque d'organisation 

Certaines séparations se font sans qu’il y ait eu le minimum d’organisation sur « l’après ».
Rupture conflictuelle, absence de cadre légal ou simplement volonté conjointe de faire « sans »... Ces situations ont comme point commun de mal résister au temps qui passe et aux adaptations nécessaires.
Exemple : la contribution au besoin de l’enfant ou son lieu de résidence sont facilement mis à mal dans le temps en l’absence d’échanges suivis.

- Absence de Co-parentalité

Ne pas échanger sur la vie scolaire de l’enfant, sur l’inscription faite au lycée, sur d’éventuels problèmes de santé... peuvent mettre à vif l’investissement parental d’un père ou d’une mère. Un des parents peut alors ressentir une dévalorisation de son rôle et réagir de facto.
Exemple : Ok tu l’as inscrite à ce lycée sans m’en parler... et bien la facture sera pour toi

- Quasi-frére, Quasi-soeur

Acteurs familiers de la famille recomposée les quasi-frères et quasi-soeurs interrogent la capacité des «couples séparés - parents ensemble » à créer de nouveaux liens sans mettre à mal la « famille originelle ».
Exemple : « Nathan c’est le chouchou de papa. Il fait ce qu’il veut et tout le monde laisse faire »

- Distance et déménagements

Pour des raisons conflictuelles, personnelles, ou professionnelles de (grandes) distances peuvent s’installer entre un parent et son enfant.
Sans organisation adéquate, sans paroles opportunes, sans concertation parentale cet éloignement fragilise le lien et blesse la relation.
Exemple : « Il vit à Bordeaux avec sa mère et son beau-père.
Au début on a tenté d’organiser un contact régulier. Au bout d’un an il n’a plus souhaité venir pour les vacances. Je n’essaye plus de le joindre par téléphone. »

- Quand l’enfant perd "sa place d’enfant"

La séparation consacre souvent le non dialogue parental au profit d’une relation parent/enfant excluant l’autre parent. Dès lors l’enfant quitte sa place d’enfant pour devenir « messager , allié, complice, otage ou roi ».
Les parents en panne d’échanges et en conflit ouvert valident alors de manière consciente ou inconsciente que l’enfant prenne une part active à une problématique qui lui échappe.
Exemple : « tu préfère t’ennuyer chez ta mère ce week end ou venir jouer à la play à la maison ?" ou encore "Tu diras à ton père que si il continue à payer la pension avec un mois de retard je lui envoie l'huissier" ou encore "Après tout tu as l'âge de décider... je comprends que si sa copine te harcèle et qu'il ne te défend pas que tu n'ai plus envie d'aller là-bas"